Il est 11h ce dernier lundi du mois de janvier. Une patrouille des forces de sécurité intérieures (FSI) et de la MINUSCA marque un arrêt au niveau du site de déplacés internes du PK8 de Bambari et s’établit sur la place publique dudit site. Objectif : installer un poste de police avancé temporaire sur le site afin de recueillir les plaintes et autres requêtes des populations déplacées. Très rapidement, de nombreux requérants s’alignent devant les deux agents de police centrafricains commis à la tâche et commence alors, une série d’écoutes, d’enregistrements de plaintes, voire quelquefois de médiations.
Lancé à Bambari depuis le 16 janvier 2018, le projet dénommé « Postes de police avancés temporaires » est le fruit d’une initiative conjointe MINUSCA-FSI. Pour le chef de l’équipe UNPOL de la Minusca à Bambari, le Colonel Tarek Bouteraa, il s’agit, à travers ce projet, de rapprocher les services de police des populations déplacées internes. « Les postes de police avancés temporaires sont destinés à assister les déplacés internes vivant sur les sites et qui n’ont pas toujours accès aux services de police», explique le Colonel Bouteraa. Les postes de police avancés instaurent donc des échanges étroits avec les populations déplacées pour mieux connaitre leurs problèmes et proposer des solutions adaptées. A raison d’une visite par semaine au minimum, ces postes de police mobile composés d’agents des FSI et de la Police des Nations Unies, sillonnent chacun des huit camps de déplacés que compte Bambari et collectent les plaintes, bien souvent nombreuses, des populations. « Les plaintes déposées par les requérants sont de plusieurs ordres, allant « des cas de vols de biens, d’agressions, d’abus de confiance aux viols perpétrés sur les sites » comme l’indique le chef d’escadron, Simplice Mafoupata, Commandant du détachement des FSI à Bambari. « Si on n’arrive pas à les régler à l’amiable ou pour des cas graves tels que les viols ou agressions physiques, la plainte est dûment enregistrée et il est demandé aux requérants de se rendre au commissariat ou à la brigade de gendarmerie afin de poursuivre la procédure », ajoute-t-il.
Pour les populations déplacées internes des camps, cette police de proximité est plus que salutaire. « En raison soit de leur statut soit des difficultés financières ou même de l’éloignement, les personnes déplacées, bien souvent marginalisées, rechignent à saisir la police lorsqu’elles sont victimes d’abus ou qu’elles veulent porter un problème particulier à la connaissance des forces de l’ordre. Nous sommes donc infiniment reconnaissants aux initiateurs de ce projet d’avoir pensé à rapprocher la police de nos populations », se réjouit Paul Mandalinga, coordonnateur du site du PK8 sur l’axe Bambari-Bangui et qui accueille plus de 4.000 déplacés. Pour lui, « les coordonnateurs des camps sont déjà actifs dans la sensibilisation auprès des populations déplacées afin qu’elles adhèrent massivement au projet ».
Face à la question du coût des services de police souvent perçu par les populations vulnérables comme un frein, le commandant Mafoutapa se veut rassurant : « Du dépôt des plaintes au traitement des requêtes, toute la procédure est entièrement gratuite. A aucun moment, les usagers ne devront débourser de l’argent ».
Bambari est une des zones du pays à forte concentration de populations déplacées internes. Fuyant les violences qui, ces dernières années, ont secoué certaines localités de la Ouaka telles que Ndassima, Bakala, Grimari ou Kouango, près de 50.000 personnes ont trouvé refuge à Bambari où elles vivent en familles d’accueil ou dans les neuf camps de déplacés que compte la ville. Avec pour but ultime d’améliorer la sécurité sur les sites et de renforcer la protection des droits des populations vulnérables, l’initiative de postes de police avancés temporaires à Bambari est la première expérience du genre conduite par la MINUSCA et le gouvernement en RCA.
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Des postes de police mobiles pour protéger les déplacés internes à Bambari
- 05 février 2018

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