La réduction des effectifs et des moyens d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies ou leur retrait constitue une période de transition critique pour le pays hôte. Ils sont le signe d’avancées en matière de paix et de nouvelles opportunités de développement, mais aussi une source de risques à prendre en compte par un investissement constant dans la consolidation de la paix et des initiatives à long terme visant à surmonter les fragilités. Le legs que les Nations Unies laissent dans un pays sortant d’un conflit dépend, en grande partie, de la mesure dans laquelle elles ont soutenu les acteurs nationaux et collaboré avec des partenaires régionaux et internationaux pour pérenniser les avancées politiques et sociales obtenues durant la mission.
Alors que le retrait de la mission des Nations Unies au Mali est en cours, le Conseil de sécurité a chargé les opérations de maintien de la paix de grande ampleur présentes au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo et en République centrafricaine d’entamer ou d’accélérer la planification de leur transition.
Les transitions des Nations Unies au Libéria et en Côte d’Ivoire se sont déroulées dans un climat de stabilité relative, qui a permis une passation de pouvoir pacifique. Cependant, d’autres transitions risquent de s’inscrire dans un contexte de règlements politiques inachevés, de problèmes de sécurité persistants, de protection lacunaire et de présence limitée des institutions de gouvernance et d’état de droit sur le territoire du pays hôte. En pareil cas, la transition d’une mission des Nations Unies vers la seule présence d’équipes de coordination des Nations Unies, d’un autre type de mission des Nations Unies, représente bien plus qu’une simple opération administrative ou logistique. La transition devrait plutôt être perçue comme un moment important dans le processus de paix d’un pays sortant d’un conflit.
Garantir une planification et une gestion de la transition qui soient proactives, intégrées et tournées vers l’avenir est une priorité essentielle pour les Nations Unies. Il est donc impératif que le système des Nations Unies et les États Membres accélèrent et renforcent leurs efforts collectifs pour mieux définir les transitions à venir. Pour répondre aux nouvelles dynamiques et à l’évolution rapide des contextes de transition, le système des Nations Unies a mis en place de nouvelles approches et de nouveaux partenariats visant à garantir une meilleure cohérence opérationnelle et politique, tout en les inscrivant dans une analyse tenant compte des questions de genre et des droits de l’homme.
Le projet relatif aux transitions des Nations Unies
Le projet relatif aux transitions des Nations Unies vise à faire progresser les travaux menés à l’échelle du système grâce à la mise en œuvre de processus de transition plus proactifs, intégrés et tournés vers l’avenir. Il réunit le Bureau de la coordination des activités de développement, le Département des opérations de paix, le Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix et le Programme des Nations Unies pour le développement. L’objectif de ce projet, lancé en 2014, est de faire en sorte que les Nations Unies et leurs partenaires soient mieux équipés pour aider les pays hôtes dans leur transition d’une situation de conflit vers une paix et un développement durables. Il consiste à fournir un soutien aux pays, à recenser et à diffuser les enseignements tirés et les bonnes pratiques et à renforcer la cohérence opérationnelle et politique en ce qui concerne les questions liées aux transitions. Ce projet, qui constitue une source d’information incontournable en matière de planification et de gestion des transitions, répond à la demande croissante d’aide dans ce domaine. Il centralise les compétences et l’expertise nécessaires pour fournir une assistance intégrée à l’échelle du système.
L’objectif de ce projet est de veiller à ce que les transitions des Nations Unies permettent aux pays hôtes d’être mieux équipés pour consolider le processus de paix. Pour ce faire, les responsables du projet aident le système des Nations Unies à planifier et à gérer les transitions de manière proactive, intégrée et prospective. La collaboration avec les principaux partenaires nationaux, régionaux et internationaux est essentielle au maintien de la paix après le retrait d’une mission.
